L’étude « Perils of Perception » (« Perception vs réalités ») réalisée en novembre 2016 dans 40 pays, dont l’objectif est de mesurer l’ampleur de la différence entre les perceptions des citoyens et la réalité objective des faits, démontre la tendance (qui n’est pas propre à la France) de s’inscrire dans une spirale plus négative qu’il n’y paraît. Cette enquête confirme que les citoyens de la quasi-totalité des pays étudiés, notamment occidentaux, partagent un regard très sombre sur la situation au sein de leur pays. À l’évocation de leur perception de l’avenir, du degré de tolérance ou d’intolérance de la société sur différents aspects ou encore du niveau des inégalités sociales, le jugement des personnes interrogées est souvent plus négatif que ce que l’on observe dans les faits. Si les Français sont un peu plus proches de la réalité en ce qui concerne les inégalités sociales, ils la surestiment toutefois encore nettement. Dans ce contexte, les préjugés tendent à se renforcer et alimentent ce pessimisme ambiant qui peut se traduire par des événements très concrets. Ainsi, comme le soulignent les auteurs de l’enquête, il s’agit là d’« éléments qui, combinés à une crise économique persistante et à une méfiance à l’égard des institutions, ont connu des traductions électorales retentissantes en 2016 avec l’élection de Donald Trump et le vote en faveur du Brexit ». Or, comme le souligne l’enquête réalisée par le Secours Catholique, pour 73 % des répondants (QCM Démarche itinérante), les préjugés viennent « de chacun d’entre nous ». Aussi, pour s’en prémunir et lutter contre la diffusion de ces idées fausses qui nourrissent (en partie) ce climat de défiance, il convient d’être vigilant quant aux messages qui sont véhiculés et aux informations qui sont délivrées. Il s’agit là de mettre fin à cette spirale malsaine dont on peine à sortir et qui complexifie la lutte contre des difficultés qui, pour le coup, sont bien réelles et concernent de nombreux Français.