« Vieillir chez soi » est aujourd’hui devenu un objectif consensuel. Les personnes le souhaitent, le calcul économique pour la collectivité en démontre l’avantage. Comme le souligne le rapport Broussy, un « chez soi » équipé et adapté serait l’optimum. Or les seniors, pour la plupart, ne déménagent pas au moment où cela serait simple, c’est-à-dire lorsqu’ils sont valides. Il y a sans conteste une réflexion à mener sur l’habitat à destination des personnes âgées, offrant des solutions de confort et de sécurité tout en évitant les solutions d’habitat collectif3 . Nous y reviendrons plus loin. Un travail est en cours sur les adaptations de logement, via une certification des métiers du bâtiment : le rapport Broussy souligne par exemple le succès du label Handibat et préconise son extension à l’adaptation au vieillissement. Nous nous concentrons ici sur la partie la plus technologique de ces adaptations. Certaines professions se sont regroupées au sein d’un syndicat unifié, IGNES (Industries du génie numérique énergétique et sécuritaire), d’autres acteurs ont formé l’association AGORA, qui vise à concevoir et à favoriser le déploiement des « smart homes ». Éclairages automatiques, plans de travail mobiles qui se mettent à hauteur des personnes en fauteuil roulant, fermeture électrique centralisée des volets et des portes, identification des ouvertures de réfrigérateurs, du temps passé dans les diverses pièces, etc. L’AGORA regroupe une vingtaine de membres (industriels et PME) qui ont pour point commun de « concevoir et distribuer des composants, des produits et terminaux, communiquant avec des services pour la maison et ses occupants ». Les technologies domestiques doivent pouvoir dialoguer, interagir, coopérer et bénéficier ainsi des apports de toutes les autres. Un « nouveau langage domestique » pourra améliorer la gestion de l’énergie, les communications, le confort, le divertissement, la sécurité, les services à la personne et l’e-santé. Surtout, ce langage doit être ouvert pour que de nouveaux usages, aujourd’hui inconnus, puissent s’y adjoindre au fil du temps. Chaque service, voire chaque fournisseur, propose encore des systèmes de contrôlecommande « propriétaires », c’est-à-dire avec un protocole spécifique, non interopérable. Pourtant, de nombreuses évolutions technologiques depuis dix à quinze ans visent au contraire cette interopérabilité, avec des systèmes ouverts, standardisés, dotés de fonctions intelligentes, intégrés dans les environnements de communication de l’internet. La mise en place de tels réseaux privés virtuels est mûre mais elle se heurte aux stratégies d’acteurs qui défendent leurs solutions propriétaires.