Les estimations actuelles suggèrent qu’environ 795 millions de personnes sont sous-alimentées dans le monde. Cela signifie que près d’un individu sur neuf ne mange pas à sa faim. La grande majorité d’entre eux (780 millions de personnes) vit dans les régions en développement. Cependant, les projections indiquent une baisse de près de moitié de la proportion des personnes sous-alimentées dans les régions en développement, celle-ci passant de 23,3 % en 1990–1992 à 12,9 % en 2014–2016. Cela est très proche de la cible des OMD sur la faim. Des progrès rapides durant les années 1990 ont été suivis par une diminution plus lente pour mettre un terme à la faim durant les cinq premières années du nouveau millénaire, puis par un rebond à partir de 2008. Les projections relatives à la période la plus récente montrent une nouvelle phase de progrès plus lents. Les progrès pour lutter contre la faim ont été significatifs en dépit d’un contexte mondial difficile durant la dernière décennie. Les obstacles incluaient l’instabilité des prix des produits de base, l’augmentation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, un chômage croissant et des récessions économiques à la fin des années 1990 et en 2008-2009. Des phénomènes climatiques extrêmes et des catastrophes naturelles fréquentes ont aussi eu un impact sur les vies et les moyens d’existence, et finalement sur les progrès vers la sécurité alimentaire mondiale. Dans un nombre croissant de pays, l’instabilité politique et les conflits civils ont aggravé les effets des catastrophes naturelles, avec pour conséquence de nombreuses et importantes crises humanitaires. Ces événements ont ralenti les progrès visant à réduire l’insécurité alimentaire dans quelques pays et régions du monde parmi les plus vulnérables. Le taux de réduction de la faim varie grandement selon les régions. Le Caucase et Asie centrale, l’Asie de l’Est, l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est ont atteint la cible sur la faim, principalement en raison d’une croissance économique rapide au cours des deux dernières décennies. La Chine représente, à elle seule, près des deux tiers de la réduction totale du nombre de personnes sous-alimentées dans les régions en développement depuis 1990. L’Afrique du Nord est près d’éliminer une insécurité alimentaire grave, en atteignant un niveau inférieur à 5 % dans son ensemble.